LA POURSUITE AMÉRICAINE CONTRE LA FLUORATION DE L’EAU

Food and Water Watch, et al.
vs
Agence de protection de l’environnement

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À l’automne de 2016, le Fluoride Action Network (FAN), conformément aux dispositions de la Loi sur le contrôle des substances toxiques Toxic Substances Control Act (TSCA), ont adressé une pétition à l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis  (EPA) pour interdire l’ajout délibéré des produits chimiques de fluoration à l’eau potable publique parce qu’ils présentent un risque inacceptable au cerveau. Les copies imprimées d’approximativement 300 études animales et humaines ont été présentées en appui à cette requête. En 2017, l’Agence de protection de l’environnement (EPA) a rejeté la requête. Le Fluoride Action network avec plusieurs autres groupes et individus ont porté en appel cette décision à la Cour fédéral (Le 9ième District, situé à San Francisco). La cause a été entendue (via Zoom) en juin 2020 durant une période de deux semaines, présidée par le Juge Edward Chen. 


Même si le poids de la preuve sur le potentiel du fluorure de nuire au cerveau humain était convainquant, la cause du Fluoride Action network fut grandement aidée en septembre 2017, par la première publication de plusieurs études - mères-progéniture - financées par le Gouvernement américain (Bashash, 2017). C’était la première étude d’importance qui examinait l’exposition au fluorure durant la grossesse (c’est-à-dire l’exposition durant l’évolution fœtal). Les résultats ont été frappants and ils n’auraient pas pu être plus utiles à la cause du Fluoride Action Network (FAN). Bashash a trouvé un fort lien entre le niveau de l’exposition au fluorure chez la femme enceinte (mesurée dans leur urine) et une baisse du QI chez leurs enfants, Les études étaient très rigoureuses (les variables confondantes furent contrôlées et toutes les données recueillis le furent au niveau individuel. De plus, l’exposition des mères étaient a des concentrations qui sont communément rencontrées dans les communautés fluorée au Canada et aux États-Unis. La cause de Fluoride Action Network fut de nouveau favorisée par trois autres études publies avant que le procès commence, (Bashash, 2018; Green 2019 et Till 2020).


Durant le procès de juin, Fluoride Action Network fut en mesure de fournir les témoignages experts de deux des principaux auteurs des études mères-enfants sur le QI (Bruce Lanphear (Green 2019 et Till 2020) et Howard Hu (Bashash, 2017). Il eut aussi le témoignage expert de deux spécialistes de l’évaluation des risques, Kathleen Thiessen, Ph.D., un membre du Conseil national de la recherché des États-Unis qui ont fait le travail de recherche sur la toxicité du fluorure en 2006  (NRC 2006) et Philippe Grandjean, l’auteur principal de la méta-analyse de l’Université Havard sur les études sur le QI et l’auteur principal de l’étude sur l’analyse de la dose-repère  (Benchmark Dose (BMD)) (subséquemment publiée en 2021). 


Le fait que l’Agence de protection de l’environnement (EPA) ait choisi de ne pas recourir à ses propres experts sur la fluoration pour défendre sa position mais, au lieu, qu’elle a engagé la compagnie Exponent pour le faire a été une grosse  surprise.  La compagnie Exponent est renommée pour défendre un grand éventail de produits et de sous- produits très toxiques pour l’industrie chimique (Dow, Dupont, Monsanto etc.) parmi lesquels on inclut : les dioxines, les biphényles polychlorés (BPC), le glyphosate et  les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS).
Malgré que les avocats d’Exponent ont fait de leur mieux pour brouiller les cartes en argumentant que le Fluoride Action Network  (FAN) avait failli a réalisé une revue systématique de pointe de la littérature scientifique avant de déclarer que le fluorure était une substance dangereuse neurotoxique, ils ont toutefois dû concéder lors de la contre-interrogation que les études financées par le National Institute of Environmental Health Science (NIEHS) mentionnées plus haut étaient les plus importantes et les plus rigoureuses études menées jusqu'à date.
 
Le Juge a surpris ceux qui suivaient la cause par Zoom, lorsqu’il a interrompu l’avocate de l’Agence de la protection de l’environnement dans sa  plaidoirie lorsqu’elle a tenté d’établir que le fluorure n’était pas une substance dangereuse neurotoxique. Le juge a émis l’avis que (1) le fluorure était clairement une substance dangereuse neurotoxique citant que les deux parties avaient admis que les études étaient les plus solides menées jusqu’à ce jour et (2) a soutenu que l’Agence de protection de l’environnement demandaient un niveau de preuves que même les meilleurs études épidémiologiques ne peuvent fournir, nommément, la relation de cause à effet.


Aux oreilles des plaignants, ceci retentissait comme une victoire, toutefois, le juge a reporté à plus tard son verdict final jusqu’à ce qu’il voit deux documents supplémentaires;  la révision systématique du U.S. National Toxicology Program’s (NTP) sur la neurotoxicité du fluorure (demandé par Fluoride Action Network en 2016) et une version publiée de l’analyse sur la dose-repère (Benchmark Dose (BMD)) ( une évaluation des risques afin de déterminer la dose de référence pour le fluorure basée sur les données regroupées dans les deux études mères-enfants (Bashash, 2017 et Green, 2019). L’analyse de la dose-repère (BMD) a été publiée en juin mais nous attendons toujours pour le rapport final du U.S. National Toxicology Program’s (NTP). Le juge a laissé savoir que lorsque les études seront entre ses mains (et possiblement d’autres études mères-enfants qui auront été menées), il recevrait quelques témoignages experts de plus des deux partis sur ces constatations qui auront été publiées.  
 
Jusqu’à date, toutes les tentatives de l’Agence de protection de l’environnement (EPA) afin de faire rejeter la cause des plaignants sur l’aspect de la recevabilité de la cause ont échoué tout comme l’argument de l’Agence de protection de l’environnement plaidant que le Fluoride Action Network devait déposer une nouvelle requête parce que les preuves majeures avaient été publiées après que la requête originale ait été déposée en 2016. Tout le long de la poursuite, le juge a clairement fait part qu’il était intéressé dans ce que la meilleure science a démontré plutôt que les arguments ésotériques de l’Agence de protection de l’environnement (EPA)  de ce que devraient constituer des révisions systématiques. Toutefois, il insiste pour attendre pour la propre révision du U.S. National Toxicology Program’s (NTP) avant de prononcer son jugement. La révision du U.S. National Toxicology Program’s (NTP) est attendu avant la fin de cette année et le verdict final possiblement tôt en 2022.